Dans le cadre de son label « La Belle Classe Superyachts » lancé en 2008 pour fédérer les armateurs et tous les acteurs de la grande plaisance, le Yacht Club de Monaco a organisé son symposium économique annuel le 18 janvier 2017, en collaboration avec Credit Suisse. Sous forme d’un dîner-débat, cette 9e édition a rassemblé une soixantaine de professionnels, représentant toute la chaîne du secteur afin de dresser un état des lieux du marché mondial du yachting en 2016 et envisager les perspectives de 2017.

 

Augmentation du marché du charter et stabilité des ventes en 2016

 

Merijn de Waard, Fondateur et Directeur de SuperYacht Company, a lancé le débat en précisant quelques données statistiques sur le marché de la flotte des super-yachts, composée de 4 634 unités en exploitation. Alors que le carnet de commandes en 2016 a légèrement diminué à 427 unités par rapport à 2015, en raison du nombre de commandes élevé en 2015 et livré en 2016, le segment des 50-60 mètres reste stable tandis que la catégorie des 30 à 40 m est en légère baisse (de 210 en 2015 à 173 en 2016). Une note toutefois positive avec des indicateurs en hausse depuis le début de l’année 2017.

L’ensemble de l’assemblée a constaté une grande stabilité du marché américain, notamment au niveau du charter et estiment que les élections américaines n’auront pas d’impact négatif pour 2017.

 

————————

Quelques chiffres

 

Statistiques sur la richesse mondiale – Source : Forbes mars 2016

2016 : 1 810 milliardaires (en baisse par rapport au record de 1 826 en 2015)

 

Aperçu de la flotte des super-yachts 2016 – Source : SuperYacht Company

Total des yachts en activité : 4 634

Suivi du carnet de commandes : 764 (en 2008), 395 (en 2013) et 427 (en 2016)

On observe une augmentation des commandes des yachts de + de 80 mètres : 44 unités (en 2015) et 47 unités (en 2016), avec des prévisions à la hausse pour 2017.

————————

 

Selon Michel Buffat (Directeur Yacht and Aviation Finance, Credit Suisse), les nombres publiés par ‘the Global Order Book’ montrent que le marché des 60 à 76 mètres a augmenté en 2016, et notamment pour les unités de plus de 76 mètres, avec 52 projets dont 21 de plus de 100 mètres. La situation du marché des super-yachts est manifestement toujours bonne.

 

La discussion s’est poursuivie avec une mise en parallèle entre les opérations d’acquisition, les mises en chantier et le marché de la seconde main. M. Dimitri Semenikhin a notamment indiqué que la baisse du marché des nouvelles constructions peut être due à une saturation de celui-ci au cours des dernières années qui encourage les nouveaux yachtmen à privilégier l’affrètement à l’acquisition.

 

 

Pour une plus grande uniformisation des taxes du secteur

 

Thierry Voisin, Directeur SOS Yachting et président de ECPY (Comité Européen pour le Yachting Professionnel), a souligné les changements majeurs qui affectent l’industrie française, en raison de la TVA de 20% applicable sur les frais d’affrètement, sur le carburant et « la règle des 70% » clarifiant les critères auxquels les yachts commerciaux doivent se conformer pour bénéficier du FCE (Exonération commerciale Française).

 

Fiona Mauresco, Présidente du MYBA (Mediterranean Yacht Broker Association), a souligné que l’Espagne applique une TVA de 21% sur toutes les activités du yachting (charter, etc.) et pourtant le nombre de yachts se rendant aux Baléares a doublé. « Si vous aimez les yachts, il y a un prix à payer et vous le payez ».

 

Le designer Espen Oeino a toutefois souligné que cette progression de l’activité en Espagne était sans doute conjoncturelle (situation au Moyen-Orient ou en Turquie). Plus généralement, tous s’accordent pour dire qu’il est normal de payer de la TVA, à condition de mettre en place une cohérence sur le plan européen.

 

 

Yachts emblématiques : un enjeu économique d’avenir

 

Autre intervention, celle de Bart Bouwhuis, Concepteur et Architecte Naval, Vripack Monaco qui a lancé le sujet sur les enjeux économiques des yachts dits « emblématiques » : « Depuis 1960, plus de 7 300 dessins ont été nécessaires pour créer 60-70 yachts véritablement emblématiques ».

 

L’occasion pour l’assemblée de rendre hommage à Martin Francis, et au design d’Eco, un yacht de 75 mètres, aux célèbres vitres bombées, qui a suscité de nombreuses réactions. Le designer britannique a tenu à préciser : « Quand vous construisez un yacht, vous ne savez jamais comment il sera reçu ».

 

Il est certain que le rôle de l’armateur est essentiel tant dans le design que la conception du yacht, ainsi que son approche éco-responsable, qui constitue désormais un critère de choix dans la construction.

 

François Fiat, propriétaire de MY Yersin (77 m) et Ambassadeur La Belle Classe Superyachts, a salué l’initiative du Yacht Club de Monaco. En demandant aux armateurs de signer la charte « La Belle Classe Superyachts », le Y.C.M. les encourage à s’engager dans le développement du Yachting « pour que les super-yachts d’aujourd’hui puissent traverser le temps et devenir les yachts classiques de demain ».

 

 

Pour Elena Ambrosiadou, armatrice du trois-mâts Maltese Falcon (88 m) : « la jeune génération est de plus en plus éco-responsable. Ces yachts emblématiques doivent incarner un changement en termes de technologie afin de réduire leur impact sur l’environnement ».

 

En conclusion, l’industrie du yachting doit prendre en compte l’arrivée de nouveaux armateurs, ceux issus de la génération dite du millénaire qui n’ont pas hérité d’une culture yachting, et qui sont plus enclins à utiliser de nouveaux modes de consommation, notamment à travers l’économie de partage, de type AirBnB. Selon David Legrand, Manager de Fraser Yachts : « nous devons sans cesse faire preuve d’innovations pour répondre au mieux aux besoins de cette nouvelle génération ».

 

Dans ce même esprit Espen Oeino, vice-président du Cluster « Yachting Monaco » a rappelé les initiatives de l’association qui insiste sur la promotion des métiers de cette industrie auprès de la nouvelle génération avec la création d’un master luxe proposant une spécialisation « Yachting » unique au monde, ou encore la sensibilisation des autorités monégasques sur l’impact du secteur.

 

Michel Buffat, (Directeur Yacht & Aviation Finance du Credit Suisse) de suggérer, que sur le modèle de l’aviation privée, qui bénéficiait d’un déficit d’image auprès du grand public, des actions de promotion pourraient être mises en place afin de valoriser les retombées économiques du secteur.

 

Bernard d’Alessandri, Secrétaire Général du Y.C.M. de préciser également que : « les actions menées par le Yacht Club de Monaco, à travers son centre de formation « La Belle Classe Academy » et sa certification « La Belle Classe Destinations », permettent d’accompagner la création de marinas et de Yacht Clubs dans le monde (particulièrement en Asie) mais aussi de proposer des formations sur-mesure en lien avec la mer ». Autant d’actions mises en place par la Principauté de Monaco, place forte du yachting, bien décidée à innover et à construire l’avenir de cette industrie, qui est la 4e à Monaco.

 

Dans le cadre de son label « La Belle Classe Superyachts » lancé en 2008 pour fédérer les armateurs et tous les acteurs de la grande plaisance, le Yacht Club de Monaco a organisé son symposium économique annuel le 18 janvier 2017, en collaboration avec Credit Suisse. Sous forme d’un dîner-débat, cette 9e édition a rassemblé une soixantaine de professionnels, représentant toute la chaîne du secteur afin de dresser un état des lieux du marché mondial du yachting en 2016 et envisager les perspectives de 2017.

 

Augmentation du marché du charter et stabilité des ventes en 2016

 

Merijn de Waard, Fondateur et Directeur de SuperYacht Company, a lancé le débat en précisant quelques données statistiques sur le marché de la flotte des super-yachts, composée de 4 634 unités en exploitation. Alors que le carnet de commandes en 2016 a légèrement diminué à 427 unités par rapport à 2015, en raison du nombre de commandes élevé en 2015 et livré en 2016, le segment des 50-60 mètres reste stable tandis que la catégorie des 30 à 40 m est en légère baisse (de 210 en 2015 à 173 en 2016). Une note toutefois positive avec des indicateurs en hausse depuis le début de l’année 2017.

L’ensemble de l’assemblée a constaté une grande stabilité du marché américain, notamment au niveau du charter et estiment que les élections américaines n’auront pas d’impact négatif pour 2017.

 

————————

Quelques chiffres

 

Statistiques sur la richesse mondiale – Source : Forbes mars 2016

2016 : 1 810 milliardaires (en baisse par rapport au record de 1 826 en 2015)

 

Aperçu de la flotte des super-yachts 2016 – Source : SuperYacht Company

Total des yachts en activité : 4 634

Suivi du carnet de commandes : 764 (en 2008), 395 (en 2013) et 427 (en 2016)

On observe une augmentation des commandes des yachts de + de 80 mètres : 44 unités (en 2015) et 47 unités (en 2016), avec des prévisions à la hausse pour 2017.

————————

 

Selon Michel Buffat (Directeur Yacht and Aviation Finance, Credit Suisse), les nombres publiés par ‘the Global Order Book’ montrent que le marché des 60 à 76 mètres a augmenté en 2016, et notamment pour les unités de plus de 76 mètres, avec 52 projets dont 21 de plus de 100 mètres. La situation du marché des super-yachts est manifestement toujours bonne.

 

La discussion s’est poursuivie avec une mise en parallèle entre les opérations d’acquisition, les mises en chantier et le marché de la seconde main. M. Dimitri Semenikhin a notamment indiqué que la baisse du marché des nouvelles constructions peut être due à une saturation de celui-ci au cours des dernières années qui encourage les nouveaux yachtmen à privilégier l’affrètement à l’acquisition.

 

 

Pour une plus grande uniformisation des taxes du secteur

 

Thierry Voisin, Directeur SOS Yachting et président de ECPY (Comité Européen pour le Yachting Professionnel), a souligné les changements majeurs qui affectent l’industrie française, en raison de la TVA de 20% applicable sur les frais d’affrètement, sur le carburant et « la règle des 70% » clarifiant les critères auxquels les yachts commerciaux doivent se conformer pour bénéficier du FCE (Exonération commerciale Française).

 

Fiona Mauresco, Présidente du MYBA (Mediterranean Yacht Broker Association), a souligné que l’Espagne applique une TVA de 21% sur toutes les activités du yachting (charter, etc.) et pourtant le nombre de yachts se rendant aux Baléares a doublé. « Si vous aimez les yachts, il y a un prix à payer et vous le payez ».

 

Le designer Espen Oeino a toutefois souligné que cette progression de l’activité en Espagne était sans doute conjoncturelle (situation au Moyen-Orient ou en Turquie). Plus généralement, tous s’accordent pour dire qu’il est normal de payer de la TVA, à condition de mettre en place une cohérence sur le plan européen.

 

 

Yachts emblématiques : un enjeu économique d’avenir

 

Autre intervention, celle de Bart Bouwhuis, Concepteur et Architecte Naval, Vripack Monaco qui a lancé le sujet sur les enjeux économiques des yachts dits « emblématiques » : « Depuis 1960, plus de 7 300 dessins ont été nécessaires pour créer 60-70 yachts véritablement emblématiques ».

 

L’occasion pour l’assemblée de rendre hommage à Martin Francis, et au design d’Eco, un yacht de 75 mètres, aux célèbres vitres bombées, qui a suscité de nombreuses réactions. Le designer britannique a tenu à préciser : « Quand vous construisez un yacht, vous ne savez jamais comment il sera reçu ».

 

Il est certain que le rôle de l’armateur est essentiel tant dans le design que la conception du yacht, ainsi que son approche éco-responsable, qui constitue désormais un critère de choix dans la construction.

 

François Fiat, propriétaire de MY Yersin (77 m) et Ambassadeur La Belle Classe Superyachts, a salué l’initiative du Yacht Club de Monaco. En demandant aux armateurs de signer la charte « La Belle Classe Superyachts », le Y.C.M. les encourage à s’engager dans le développement du Yachting « pour que les super-yachts d’aujourd’hui puissent traverser le temps et devenir les yachts classiques de demain ».

 

 

Pour Elena Ambrosiadou, armatrice du trois-mâts Maltese Falcon (88 m) : « la jeune génération est de plus en plus éco-responsable. Ces yachts emblématiques doivent incarner un changement en termes de technologie afin de réduire leur impact sur l’environnement ».

 

En conclusion, l’industrie du yachting doit prendre en compte l’arrivée de nouveaux armateurs, ceux issus de la génération dite du millénaire qui n’ont pas hérité d’une culture yachting, et qui sont plus enclins à utiliser de nouveaux modes de consommation, notamment à travers l’économie de partage, de type AirBnB. Selon David Legrand, Manager de Fraser Yachts : « nous devons sans cesse faire preuve d’innovations pour répondre au mieux aux besoins de cette nouvelle génération ».

 

Dans ce même esprit Espen Oeino, vice-président du Cluster « Yachting Monaco » a rappelé les initiatives de l’association qui insiste sur la promotion des métiers de cette industrie auprès de la nouvelle génération avec la création d’un master luxe proposant une spécialisation « Yachting » unique au monde, ou encore la sensibilisation des autorités monégasques sur l’impact du secteur.

 

Michel Buffat, (Directeur Yacht & Aviation Finance du Credit Suisse) de suggérer, que sur le modèle de l’aviation privée, qui bénéficiait d’un déficit d’image auprès du grand public, des actions de promotion pourraient être mises en place afin de valoriser les retombées économiques du secteur.

 

Bernard d’Alessandri, Secrétaire Général du Y.C.M. de préciser également que : « les actions menées par le Yacht Club de Monaco, à travers son centre de formation « La Belle Classe Academy » et sa certification « La Belle Classe Destinations », permettent d’accompagner la création de marinas et de Yacht Clubs dans le monde (particulièrement en Asie) mais aussi de proposer des formations sur-mesure en lien avec la mer ». Autant d’actions mises en place par la Principauté de Monaco, place forte du yachting, bien décidée à innover et à construire l’avenir de cette industrie, qui est la 4e à Monaco.