Rendez-vous de l’industrie du yachting, le Symposium Economique « La Belle Classe Super-yachts », organisé sous forme de dîner-débat par le Yacht Club de Monaco s’inscrit comme l’événement permettant d’analyser le secteur, ses évolutions, ses enjeux et ses problématiques, mais aussi de réunir professionnels et armateurs pour une soirée d’échanges unique en son genre. « C’est toujours un plaisir d’accueillir tous les acteurs de la chaîne du Yachting pour cet évènement dont nous célébrons ce soir la 12e édition » a débuté Bernard d’Alessandri, Secrétaire Général du Y.C.M.

Les intervenants choisis ont apporté une expertise toute particulière aux débats qui portaient cette année sur le cycle de la vie d’un yacht, une thématique qui répond aux interrogations des armateurs qui embarquent dans cette aventure. Pensé et construit à l’image de son futur propriétaire, celui-ci va en effet passer par différents stades : des premières esquisses à la mise en chantier, de la gestion quotidienne à son entretien…

 

 

Quelle est la nouvelle génération d’armateurs ?

 

Afin d’obtenir une vision globale de l’industrie, il est essentiel de réaliser un état des lieux de l’année écoulée et d’aborder la situation financière actuelle. Présentés par Merijn de Waard de Superyachttimes.com, ces résultats permettent de se projeter vers 2020 et de toucher du doigt les défis à venir. Avec une tendance à la stabilité, l’industrie qui a connu une baisse de régime notamment dans la construction des unités de + de 30m à la suite de la crise financière de 2008-9, se porte bien depuis 2013. Un marché qualifié de sain avec une flotte de yachts de plus de 30m qui a dépassé les 5.000 bateaux en 2019 et s’établit, selon Superyachttimes.com, à 5.092 unités.

 

Une fois le cadre délimité, les échanges ont pu se poursuivre sur une question qui anime bon nombre de professionnels : quel est le profil des nouveaux armateurs ? Il s’agissait ici d’établir le portrait de cette nouvelle génération en répondant à plusieurs critères : d’où viennent-ils, sont-ils des hommes ou femmes d’affaires ou des héritiers de fortunes familiales, quels rapports entretiennent-ils avec le yachting (…) ?

Autant d’interrogations utiles car, si le marché est en constante évolution, il en est de même pour les clients qui le font vivre. Le constat est que ces nouveaux « milliardaires sont de plus en plus jeunes, portés sur la technologie et l’industrie de pointe, et basés aux États-Unis » précise Merijn de Waard.

 

Tous s’accordent à dire qu’il est important de présenter de nouveaux programmes, activités et destinations afin de continuer à séduire les armateurs et leur proposer de nouvelles expériences. L’industrie s’efforce ainsi à rester attractive.

 

 

 

La passion à un coût

Si le design d’un yacht doit refléter les envies et la personnalité de l’armateur, le coût de sa conception peut en revanche freiner les envies. Mais celui-ci peut drastiquement varier comme nous l’a expliqué Espen Oeino, designer et architecte naval. Il est ainsi revenu en détail sur les choix des matériaux, les nouvelles tendances en matière de financement ou encore les astuces à retenir pour optimiser les coûts de la phase de conception. Autant de décisions qui peuvent gonfler la note ou bien, au contraire, l’alléger. « Un yacht est avant tout un fabuleux moyen de liberté » a ponctué le designer, « mais de toute évidence, un yacht génère une emprunte carbone. Il est aujourd’hui crucial de diminuer l’impact que cela peut avoir sur l’environnement. C’est d’ailleurs une des demandes croissantes des armateurs. Hydrogène, moteur électrique, source d’énergie solaire… nombreuses sont les solutions en développement ; mais il n’y a pas encore de recette universelle… ». A noter que c’est avec cette volonté de comparer les différentes propulsions et d’encourager les innovations dans ce domaine que le Y.C.M. organise le Solar & Energy Boat Challenge (1-4 juillet 2020).

 

 

Même vision pour Michel Buffat, responsable global des financements Yacht et Avion chez Credit Suisse. Au-delà du prix de construction, les banques s’intéressent de près à la conception du yacht, à la réputation du chantier mais aussi aux innovations utilisées. Le mot d’ordre est désormais : respect de l’environnement. Un phénomène accentué par la pression du public qui estime que ces unités se doivent de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Une façon de pousser l’industrie à être exempte de tout reproche. « Les banques regarderont toujours ces critères et restent très sensibles à ce sujet » a conclu le représentant de Credit Suisse, qui estime que l’industrie du yachting doit se doter d’index environnementaux.

 

 

Par la suite, Fadi Pataq, Directeur du chantier naval allemand Nobiskrug est revenu sur la répartition des coûts, notamment sur les yachts de 80 mètres. A titre d’exemple, 50% du montant relève des matériaux utilisés contre 18% au design intérieur et seulement 17% pour la construction et 15% pour l’ingénierie pure. Il a également été évoqué que la conception, complexe et facteur d’innovation, est un des aspects qui peut gonfler la note. Afin de suivre toutes ces dépenses, le chef de projet a le rôle capital de garder un œil sur le cahier des charges, et des dépenses.

 

 

 

Gestion d’un Yacht : un choix cornélien

A peine sorti de chantier, un yacht prend vie. Reste à savoir quelle en sera l’utilisation. En effet une saine gestion peut considérablement contribuer à optimiser les coûts. L’idée est de conseiller l’armateur pour tout ce qui se rattache au fonctionnement de son yacht : salaires de l’équipage, hivernage, entretien, assurances, stratégie de financement (…). Autant de points qui ont été abordés par Matthias Du Verle, membre du Captains Club et des Superyacht Explorers aux côtés de Nicholas Mior d’Ascoma Maritime.  

 

Paul Flannery, Directeur Exécutif de IYBA, a par la suite évoqué la question du management du charter et de la vente. L’armateur doit en effet penser à « l’après » en se demandant comment il ou elle peut maximiser les revenus de l’affrètement, maintenir la valeur maximale du yacht ou encore à quel moment il est opportun de vendre son yacht. Il a été démontré que 25% des propriétaires de yachts louent leurs unités, générant à ce titre 400 millions d’euros net de revenus. Une tendance qui s’explique par la volonté pour les armateurs de produire plus de revenus afin d’amortir les frais de fonctionnement. Il est également revenu sur la domination du géant américain qui mène le marché mondial, avec 121,7 milliards de dollars générés par la navigation de plaisance. Rien qu’en Floride, le secteur pèse 23,1 milliards de dollars pour 92000 emplois gérés par 6100 entreprises (navigation de plaisance pour les unités de toutes tailles).

 

 

Entretenir le prestige

 Comment optimiser les coûts lorsque l’on aborde la problématique de la réparation et la remise en état d’un yacht ? Celui-ci nécessite en effet, au cours de sa vie, des interventions aussi bien en matière de peinture, d’anti-fouling, d’entretien annuel des moteurs, de reconstruction des générateurs…la maintenance préventive est ainsi essentielle pour limiter les coûts de fonctionnement, les planifications de travaux étant généralement prévus entre 9 et 12 mois à l’avance.

 

Le Yacht Club de Monaco, dont la mission de délégation de service public permet à Monaco de rayonner en tant que « Capitale du Yachting », aux côtés du Cluster Yachting Monaco, est investi dans les nombreux rendez-vous qui ponctuent le calendrier de l’industrie.

 

Après le Symposium économique « La Belle Classe Super-yachts », les regards sont désormais tournés vers le Symposium environnemental « La Belle Classe Super-yachts » et les YCM Explorer Awards (jeudi 26 mars 2020) qui visent à récompenser les armateurs assumant leurs responsabilités environnementales dans la conception et l’utilisation de leur super-yachts. Une initiative qui démontre le dynamisme et la volonté du Y.C.M, acteur majeur de cette industrie, de susciter des vocations et de construire le Yachting de demain.

 

 

 

 

Quelques chiffres 

5 092 bateaux de plus de 30m en circulation en 2019
25 %  nombre de propriétaires de yachts louant leurs unités
400 millions d’euros de revenus générés par le charter
75 % des charters sont localisés en Méditerranée
458 yachts de plus de 30 mètres en construction en 2019
228 motor yacht de plus de 30m vendus en 2019

 

 

 

 

 

Rendez-vous de l’industrie du yachting, le Symposium Economique « La Belle Classe Super-yachts », organisé sous forme de dîner-débat par le Yacht Club de Monaco s’inscrit comme l’événement permettant d’analyser le secteur, ses évolutions, ses enjeux et ses problématiques, mais aussi de réunir professionnels et armateurs pour une soirée d’échanges unique en son genre. « C’est toujours un plaisir d’accueillir tous les acteurs de la chaîne du Yachting pour cet évènement dont nous célébrons ce soir la 12e édition » a débuté Bernard d’Alessandri, Secrétaire Général du Y.C.M.

Les intervenants choisis ont apporté une expertise toute particulière aux débats qui portaient cette année sur le cycle de la vie d’un yacht, une thématique qui répond aux interrogations des armateurs qui embarquent dans cette aventure. Pensé et construit à l’image de son futur propriétaire, celui-ci va en effet passer par différents stades : des premières esquisses à la mise en chantier, de la gestion quotidienne à son entretien…

 

 

Quelle est la nouvelle génération d’armateurs ?

 

Afin d’obtenir une vision globale de l’industrie, il est essentiel de réaliser un état des lieux de l’année écoulée et d’aborder la situation financière actuelle. Présentés par Merijn de Waard de Superyachttimes.com, ces résultats permettent de se projeter vers 2020 et de toucher du doigt les défis à venir. Avec une tendance à la stabilité, l’industrie qui a connu une baisse de régime notamment dans la construction des unités de + de 30m à la suite de la crise financière de 2008-9, se porte bien depuis 2013. Un marché qualifié de sain avec une flotte de yachts de plus de 30m qui a dépassé les 5.000 bateaux en 2019 et s’établit, selon Superyachttimes.com, à 5.092 unités.

 

Une fois le cadre délimité, les échanges ont pu se poursuivre sur une question qui anime bon nombre de professionnels : quel est le profil des nouveaux armateurs ? Il s’agissait ici d’établir le portrait de cette nouvelle génération en répondant à plusieurs critères : d’où viennent-ils, sont-ils des hommes ou femmes d’affaires ou des héritiers de fortunes familiales, quels rapports entretiennent-ils avec le yachting (…) ?

Autant d’interrogations utiles car, si le marché est en constante évolution, il en est de même pour les clients qui le font vivre. Le constat est que ces nouveaux « milliardaires sont de plus en plus jeunes, portés sur la technologie et l’industrie de pointe, et basés aux États-Unis » précise Merijn de Waard.

 

Tous s’accordent à dire qu’il est important de présenter de nouveaux programmes, activités et destinations afin de continuer à séduire les armateurs et leur proposer de nouvelles expériences. L’industrie s’efforce ainsi à rester attractive.

 

 

 

La passion à un coût

Si le design d’un yacht doit refléter les envies et la personnalité de l’armateur, le coût de sa conception peut en revanche freiner les envies. Mais celui-ci peut drastiquement varier comme nous l’a expliqué Espen Oeino, designer et architecte naval. Il est ainsi revenu en détail sur les choix des matériaux, les nouvelles tendances en matière de financement ou encore les astuces à retenir pour optimiser les coûts de la phase de conception. Autant de décisions qui peuvent gonfler la note ou bien, au contraire, l’alléger. « Un yacht est avant tout un fabuleux moyen de liberté » a ponctué le designer, « mais de toute évidence, un yacht génère une emprunte carbone. Il est aujourd’hui crucial de diminuer l’impact que cela peut avoir sur l’environnement. C’est d’ailleurs une des demandes croissantes des armateurs. Hydrogène, moteur électrique, source d’énergie solaire… nombreuses sont les solutions en développement ; mais il n’y a pas encore de recette universelle… ». A noter que c’est avec cette volonté de comparer les différentes propulsions et d’encourager les innovations dans ce domaine que le Y.C.M. organise le Solar & Energy Boat Challenge (1-4 juillet 2020).

 

 

Même vision pour Michel Buffat, responsable global des financements Yacht et Avion chez Credit Suisse. Au-delà du prix de construction, les banques s’intéressent de près à la conception du yacht, à la réputation du chantier mais aussi aux innovations utilisées. Le mot d’ordre est désormais : respect de l’environnement. Un phénomène accentué par la pression du public qui estime que ces unités se doivent de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Une façon de pousser l’industrie à être exempte de tout reproche. « Les banques regarderont toujours ces critères et restent très sensibles à ce sujet » a conclu le représentant de Credit Suisse, qui estime que l’industrie du yachting doit se doter d’index environnementaux.

 

 

Par la suite, Fadi Pataq, Directeur du chantier naval allemand Nobiskrug est revenu sur la répartition des coûts, notamment sur les yachts de 80 mètres. A titre d’exemple, 50% du montant relève des matériaux utilisés contre 18% au design intérieur et seulement 17% pour la construction et 15% pour l’ingénierie pure. Il a également été évoqué que la conception, complexe et facteur d’innovation, est un des aspects qui peut gonfler la note. Afin de suivre toutes ces dépenses, le chef de projet a le rôle capital de garder un œil sur le cahier des charges, et des dépenses.

 

 

 

Gestion d’un Yacht : un choix cornélien

A peine sorti de chantier, un yacht prend vie. Reste à savoir quelle en sera l’utilisation. En effet une saine gestion peut considérablement contribuer à optimiser les coûts. L’idée est de conseiller l’armateur pour tout ce qui se rattache au fonctionnement de son yacht : salaires de l’équipage, hivernage, entretien, assurances, stratégie de financement (…). Autant de points qui ont été abordés par Matthias Du Verle, membre du Captains Club et des Superyacht Explorers aux côtés de Nicholas Mior d’Ascoma Maritime.  

 

Paul Flannery, Directeur Exécutif de IYBA, a par la suite évoqué la question du management du charter et de la vente. L’armateur doit en effet penser à « l’après » en se demandant comment il ou elle peut maximiser les revenus de l’affrètement, maintenir la valeur maximale du yacht ou encore à quel moment il est opportun de vendre son yacht. Il a été démontré que 25% des propriétaires de yachts louent leurs unités, générant à ce titre 400 millions d’euros net de revenus. Une tendance qui s’explique par la volonté pour les armateurs de produire plus de revenus afin d’amortir les frais de fonctionnement. Il est également revenu sur la domination du géant américain qui mène le marché mondial, avec 121,7 milliards de dollars générés par la navigation de plaisance. Rien qu’en Floride, le secteur pèse 23,1 milliards de dollars pour 92000 emplois gérés par 6100 entreprises (navigation de plaisance pour les unités de toutes tailles).

 

 

Entretenir le prestige

 Comment optimiser les coûts lorsque l’on aborde la problématique de la réparation et la remise en état d’un yacht ? Celui-ci nécessite en effet, au cours de sa vie, des interventions aussi bien en matière de peinture, d’anti-fouling, d’entretien annuel des moteurs, de reconstruction des générateurs…la maintenance préventive est ainsi essentielle pour limiter les coûts de fonctionnement, les planifications de travaux étant généralement prévus entre 9 et 12 mois à l’avance.

 

Le Yacht Club de Monaco, dont la mission de délégation de service public permet à Monaco de rayonner en tant que « Capitale du Yachting », aux côtés du Cluster Yachting Monaco, est investi dans les nombreux rendez-vous qui ponctuent le calendrier de l’industrie.

 

Après le Symposium économique « La Belle Classe Super-yachts », les regards sont désormais tournés vers le Symposium environnemental « La Belle Classe Super-yachts » et les YCM Explorer Awards (jeudi 26 mars 2020) qui visent à récompenser les armateurs assumant leurs responsabilités environnementales dans la conception et l’utilisation de leur super-yachts. Une initiative qui démontre le dynamisme et la volonté du Y.C.M, acteur majeur de cette industrie, de susciter des vocations et de construire le Yachting de demain.

 

 

 

 

Quelques chiffres 

5 092 bateaux de plus de 30m en circulation en 2019
25 %  nombre de propriétaires de yachts louant leurs unités
400 millions d’euros de revenus générés par le charter
75 % des charters sont localisés en Méditerranée
458 yachts de plus de 30 mètres en construction en 2019
228 motor yacht de plus de 30m vendus en 2019