1er Monaco Globe Series

1-8 juin 2018

 

Le rideau est tombé sur les premiers Monaco Globe Series, coup d’envoi du nouveau championnat du monde IMOCA 2018/2020. Neuf bateaux étaient en lice dans cette course en double, sans escale et sans assistance de 717 milles nautiques dont le départ a été donné par S.A.S le Prince Albert II, le dimanche 3 juin à 13h00.

Organisé par le Yacht Club de Monaco, ce rendez-vous permettait aux navigateurs d’engranger des points en vue d’une qualification pour le Vendée Globe 2020. « C’est un évènement fantastique » selon Bernard d’Alessandri, Secrétaire Général du Y.C.M. « La course a répondu à toutes les attentes et nous sommes ravis d’avoir accueilli un plateau de marins comme celui-ci. J’espère que c’est la première d’une longue série. »

 

 
 

Une Méditerranée fidèle à sa réputation

D’avis de navigateurs, la Méditerranée est un terrain de jeu qui peut réserver bien des surprises. Une Grande Bleue fidèle à sa réputation dès les premières heures de course. Accompagnés par une belle brise de sud-est, les neuf IMOCA ont filé vers les Bouches de Bonifacio par la façade Ouest de la Corse. Une première marque appréhendée avec près de trente nœuds de vent pour certains concurrents. « Ce passage a été l’un des moments les plus marquants de la course » note Paul Meilhat, skipper de SMA aux côtés de Gwénolé Gahinet et vainqueurs en 3 jours, 19 heures et 17 minutes. Pour une majorité de la flotte, le détroit a été « synonyme de changements de voile et d’une grande fatigue physique » explique Guillaume Rottee, directeur de course.
Une fatigue ressentie à bord de 4Myplanet2 d’Alexia Barrier et Pierre Quiroga « on était dans le match à Bonifacio. Après 3 empannages sous spi à 26 nœuds, et des centaines de tours de ce fameux moulin à café, je me suis rendu compte que le bateau demandait une énergie folle. »

Par la suite, les équipages ont dû se questionner sur les meilleurs choix tactiques à opérer afin de rallier le sud de la Sardaigne. Ainsi, Bureau Vallée 2, Monin mais aussi Malizia II – qui a par ailleurs atteint la vitesse de 19,3 nœuds dans ce segment de la course – ont adopté une option Est alors que SMA a préfèré jouer la carte du contrôle à travers une trajectoire plus droite et donc plus rapprochée des côtes. Un juste compromis qui a permis aux Bretons de passer en tête au niveau de Cagliari. Cette première partie du parcours n’a été qu’un amuse-bouche dans cette course qui s‘est par la suite intensifiée.

 

 

 

La bataille a fait rage à tous les niveaux

Le tempo n’a pas ralenti à l’approche de Port-Cros dans le Var où SMA et Newrest-Art & Fenêtre ont joué les prolongations dans une véritable guerre des nerfs. Quelques milles plus loin, Kilcullen Team Ireland barré par la jeune et prometteuse Joan Mulloy associée pour l’occasion à Thomas Ruyant est restée au contact tout au long du parcours. La navigatrice participait ici à sa toute première course en IMOCA et a fait preuve d’une très belle capacité d’adaptation. Placés dans le trio de tête jusqu’à l’approche de l’île Bagaud (Var), le duo mixte a néanmoins concédé sa position en faveur de Monin.

C’est par ailleurs sur cette partie de course que l’inattendu s’est produit « la majorité de la flotte s’est regroupée et nous nous sommes retrouvés en configuration régate comme si nous venions de prendre le départ » explique Pierre Casiraghi, à la barre du 60 pieds monégasque en compagnie de Boris Herrmann « quasiment du jamais vu en IMOCA après 600 milles de navigation » estime le navigateur allemand.

 

Cette partie de course a été le théâtre d’une formidable remontée au classement signée Stéphane Le Diraison et Stanislas Maslard sur Boulogne Billancourt qui ont recollé au paquet entrainant dans leur sillage Groupe Setin de Manuel Cousin et Alan Roura. La dernière ligne droite du parcours a joué avec la patience des concurrents obligés de composer entre effets de site et vent léger. SMA a finalement franchi la ligne en premier jeudi 7 juin à 8h17, une victoire difficile à décrocher selon Paul Meilhat « ça a été une course vraiment difficile et rien n’était joué d’avance. » Ils étaient suivis de Monin puis Newrest – Art & Fenêtres. « Si on m’avait dit que nous terminerions troisièmes derrière SMA et Monin avant le départ, nous aurions signé tout de suite. Ce que nous retenons surtout c’est que nous avons été dans le match de bout en bout et que nous terminons premiers des foilers » analyse Fabrice Amedeo.

 

 

Ils répondent à l’appel

En cette journée mondiale de l’océan, c’est au moment de la remise des prix organisée au sein du Yacht Club de Monaco que l’ensemble des navigateurs a signé « l’Appel de l’Océan, bien commun de l’Humanité. » Cette initiative dont l’objectif est de protéger les richesses des Océans a vu le jour sous l’impulsion de la navigatrice Catherine Chabaud aux côtés de Françoise Gaill, Directrice de recherche émérite au CNRS et océanographe, Eudes Riblier Président de l’Institut Français de la Mer, Patricia Ricard, Présidente de l’institut océanographique Paul Ricard et porte-parole de la plateforme Océan et Climat, Jean louis Fillon, délégué général de l’Institut Français de la Mer et Rachel Moreau, Responsable du Programme O2ceans, le poumon bleu. « Si demain, notre océan est reconnu et géré comme un bien commun, cela va changer l’avenir de nos engagements » a commentait la navigatrice.

 

 

Temps d’arrivée classement final (après Jury) :
1. SMA – Paul Meilhat / Gwénolé Gahinet : 3J, 19h, 17mn et 0 sec
2. Monin – Isabelle Joschke / Alain Gautier : 3j, 21h, 03mn et 50sec
3. Newrest Art & Fenêtres – Fabrice Amedeo / Eric Péron : 3j, 21h, 11mn et 10sec
4. Kilcullen Team Ireland – Joan Mulloy / Thomas Ruyant : 3j, 22h, 25mn et 0 sec
5. Boulogne Billancourt – Stéphane Le Diraison / Stan Maslard : 3j, 23h, 45mn et 3sec
6. Groupe Setin – Manuel Cousin / Alan Roura : 3j, 23h, 47mn et 38sec
7. Malizia II -Yacht Club de Monaco – Pierre Casiraghi / Boris Herrmann : 4j, 00h, 03mn et 00sec
8. Bureau Vallée 2 – Louis Burton / Arthur Hubert : 4j, 1h, 29mn et 26sec
9. 4myplanet2 – Alexia Barrier / Pierre Quirogea : 4j, 2 heures, 49 minutes et 30 sec

 

 

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1-8 juin 2018

 

Le rideau est tombé sur les premiers Monaco Globe Series, coup d’envoi du nouveau championnat du monde IMOCA 2018/2020. Neuf bateaux étaient en lice dans cette course en double, sans escale et sans assistance de 717 milles nautiques dont le départ a été donné par S.A.S le Prince Albert II, le dimanche 3 juin à 13h00.

Organisé par le Yacht Club de Monaco, ce rendez-vous permettait aux navigateurs d’engranger des points en vue d’une qualification pour le Vendée Globe 2020. « C’est un évènement fantastique » selon Bernard d’Alessandri, Secrétaire Général du Y.C.M. « La course a répondu à toutes les attentes et nous sommes ravis d’avoir accueilli un plateau de marins comme celui-ci. J’espère que c’est la première d’une longue série. »

 

 
 

Une Méditerranée fidèle à sa réputation

D’avis de navigateurs, la Méditerranée est un terrain de jeu qui peut réserver bien des surprises. Une Grande Bleue fidèle à sa réputation dès les premières heures de course. Accompagnés par une belle brise de sud-est, les neuf IMOCA ont filé vers les Bouches de Bonifacio par la façade Ouest de la Corse. Une première marque appréhendée avec près de trente nœuds de vent pour certains concurrents. « Ce passage a été l’un des moments les plus marquants de la course » note Paul Meilhat, skipper de SMA aux côtés de Gwénolé Gahinet et vainqueurs en 3 jours, 19 heures et 17 minutes. Pour une majorité de la flotte, le détroit a été « synonyme de changements de voile et d’une grande fatigue physique » explique Guillaume Rottee, directeur de course.
Une fatigue ressentie à bord de 4Myplanet2 d’Alexia Barrier et Pierre Quiroga « on était dans le match à Bonifacio. Après 3 empannages sous spi à 26 nœuds, et des centaines de tours de ce fameux moulin à café, je me suis rendu compte que le bateau demandait une énergie folle. »

Par la suite, les équipages ont dû se questionner sur les meilleurs choix tactiques à opérer afin de rallier le sud de la Sardaigne. Ainsi, Bureau Vallée 2, Monin mais aussi Malizia II – qui a par ailleurs atteint la vitesse de 19,3 nœuds dans ce segment de la course – ont adopté une option Est alors que SMA a préfèré jouer la carte du contrôle à travers une trajectoire plus droite et donc plus rapprochée des côtes. Un juste compromis qui a permis aux Bretons de passer en tête au niveau de Cagliari. Cette première partie du parcours n’a été qu’un amuse-bouche dans cette course qui s‘est par la suite intensifiée.

 

 

 

La bataille a fait rage à tous les niveaux

Le tempo n’a pas ralenti à l’approche de Port-Cros dans le Var où SMA et Newrest-Art & Fenêtre ont joué les prolongations dans une véritable guerre des nerfs. Quelques milles plus loin, Kilcullen Team Ireland barré par la jeune et prometteuse Joan Mulloy associée pour l’occasion à Thomas Ruyant est restée au contact tout au long du parcours. La navigatrice participait ici à sa toute première course en IMOCA et a fait preuve d’une très belle capacité d’adaptation. Placés dans le trio de tête jusqu’à l’approche de l’île Bagaud (Var), le duo mixte a néanmoins concédé sa position en faveur de Monin.

C’est par ailleurs sur cette partie de course que l’inattendu s’est produit « la majorité de la flotte s’est regroupée et nous nous sommes retrouvés en configuration régate comme si nous venions de prendre le départ » explique Pierre Casiraghi, à la barre du 60 pieds monégasque en compagnie de Boris Herrmann « quasiment du jamais vu en IMOCA après 600 milles de navigation » estime le navigateur allemand.

 

Cette partie de course a été le théâtre d’une formidable remontée au classement signée Stéphane Le Diraison et Stanislas Maslard sur Boulogne Billancourt qui ont recollé au paquet entrainant dans leur sillage Groupe Setin de Manuel Cousin et Alan Roura. La dernière ligne droite du parcours a joué avec la patience des concurrents obligés de composer entre effets de site et vent léger. SMA a finalement franchi la ligne en premier jeudi 7 juin à 8h17, une victoire difficile à décrocher selon Paul Meilhat « ça a été une course vraiment difficile et rien n’était joué d’avance. » Ils étaient suivis de Monin puis Newrest – Art & Fenêtres. « Si on m’avait dit que nous terminerions troisièmes derrière SMA et Monin avant le départ, nous aurions signé tout de suite. Ce que nous retenons surtout c’est que nous avons été dans le match de bout en bout et que nous terminons premiers des foilers » analyse Fabrice Amedeo.

 

 

Ils répondent à l’appel

En cette journée mondiale de l’océan, c’est au moment de la remise des prix organisée au sein du Yacht Club de Monaco que l’ensemble des navigateurs a signé « l’Appel de l’Océan, bien commun de l’Humanité. » Cette initiative dont l’objectif est de protéger les richesses des Océans a vu le jour sous l’impulsion de la navigatrice Catherine Chabaud aux côtés de Françoise Gaill, Directrice de recherche émérite au CNRS et océanographe, Eudes Riblier Président de l’Institut Français de la Mer, Patricia Ricard, Présidente de l’institut océanographique Paul Ricard et porte-parole de la plateforme Océan et Climat, Jean louis Fillon, délégué général de l’Institut Français de la Mer et Rachel Moreau, Responsable du Programme O2ceans, le poumon bleu. « Si demain, notre océan est reconnu et géré comme un bien commun, cela va changer l’avenir de nos engagements » a commentait la navigatrice.

 

 

Temps d’arrivée classement final (après Jury) :
1. SMA – Paul Meilhat / Gwénolé Gahinet : 3J, 19h, 17mn et 0 sec
2. Monin – Isabelle Joschke / Alain Gautier : 3j, 21h, 03mn et 50sec
3. Newrest Art & Fenêtres – Fabrice Amedeo / Eric Péron : 3j, 21h, 11mn et 10sec
4. Kilcullen Team Ireland – Joan Mulloy / Thomas Ruyant : 3j, 22h, 25mn et 0 sec
5. Boulogne Billancourt – Stéphane Le Diraison / Stan Maslard : 3j, 23h, 45mn et 3sec
6. Groupe Setin – Manuel Cousin / Alan Roura : 3j, 23h, 47mn et 38sec
7. Malizia II -Yacht Club de Monaco – Pierre Casiraghi / Boris Herrmann : 4j, 00h, 03mn et 00sec
8. Bureau Vallée 2 – Louis Burton / Arthur Hubert : 4j, 1h, 29mn et 26sec
9. 4myplanet2 – Alexia Barrier / Pierre Quirogea : 4j, 2 heures, 49 minutes et 30 sec

 

 

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